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mercredi 21 janvier 2015

L'Afrique Centrale et de l'Ouest vaincront l'obscurantisme : #StopBokoHaram #Bringbackourgirls

Je reviens aujourd'hui sur mon blog, après quelques mois d'absence, mais non de silence. Mon combat pour une Afrique libre, digne et fière je le mène à travers mes écrits et actions sur différentes plateformes, notamment mon compte Twitter.

Depuis quelques mois, mon pays le Cameroun est en guerre. Oui, en guerre au Nord, contre Boko Haram, un nom effroyable dont j'entends trop souvent parler depuis quelques années déjà. D'abord au Nigéria, c'est désormais dans mon pays, le Cameroun, que les criminels qui composent ce groupe se réclamant du Salafisme ont décidé d'instaurer la terreur : enlèvements, assassinats, pillages. La liste des exactions commises par ces bandits de plus en plus lourdement armés est longue.


Bannière #StopBokoHaram, licence libre. A utiliser et diffuser autant que possible.

Face à tant d'horreur, que faire en tant que "simple" citoyen(ne)s ? Le Collectif des blogueurs camerounais, dont je fais partie, a décidé à sa manière de se lever contre l'obscurantisme que veulent imposer les criminels de Boko Haram dans la région du Lac Tchad. Alors je prends ma plume, mon clavier, et ma voix pour dire non à cet obscurantisme, mais aussi pour questionner ceux qui nous gouvernent sur les raisons de l'embrasement de la situation.

L'heure est grave pour le sud du bassin du lac Tchad. Une population de 45 millions de personnes est menacée par la nébuleuse d'un groupe qui se revendique du salafisme et commet les pires exactions. 

Les initiatives pour la sécurité régionale piétinent depuis 2 décades. Ni la Multinational Joint Task Force créée en 1994, ni les promesses d'envoi d'un contingent multinational en octobre 2014 n'ont donné de résultats significatifs, en termes de coopération militaire. 
Les gouvernements du Tchad, du Cameroun ou du Nigéria peinent à établir un organe de sécurité collective pour gérer un problème qui menace leur propre survie. Témoin la base de Baga, désertée par les soldats nigérians avant d'être prise par les militants islamistes, qui sont entrés ensuite en territoire camerounais, en massacrant selon certaines sources 2000 civils

Quelles solutions politiques en matière de sécurité régionale pour la région ? L'appel à l'aide du gouvernement camerounais n'arrive-t-il pas un peu tard ? 

C'était l'objet du débat du lundi 19 janvier 2015 sur The France 24 Debate et ma contribution à la campagne lancée par le collectif des blogueurs Camerounais. 

Mon intervention je la dédie à la mémoire de tous les enfants, toutes ces femmes et ces hommes qui ont perdu la vie sous les balles et les bombes d'autres humains qui ont perdu leur raison. Je n'oublie pas les 230 écolières de Chibok, qui manquent à leur famille, et à nous tous. 

Revoir l'émission (en anglais) : 

1ère Partie



2ème Partie

mercredi 31 octobre 2012

Cameroun : Une Liberté d'Expression dévoyée ?

Internet Sans Frontières, Pen et CPJ ont remis le 15 octobre 2012 au Conseil des Droits de l'Homme des Nations Unies un rapport, que vous pouvez lire ici [en], sur l'état de la liberté d'expression au Cameroun. Dans le document de 10 pages, les trois organisations dénoncent la persécution d'artistes, journalistes, et les barrières qui maintiennent le taux de pénétration d'Internet à 4%, malgré l'existence d'infrastructures adéquates.


Kiosque Presse à Douala au cameroun - vu sur oeildafrique.com

Le 19 octobre 2012, le Ministre de La Communication et porte-parole du Gouvernement, Issa Tchiroma Bakary, s'est adressé lors d'une conférence de presse aux journalistes camerounais pour détailler la position du gouvernement camerounais sur ledit rapport. A titre personnel, si l'on met de côté la rhétorique habituelle excessive sur les "ennemis Camerounais de la république", je trouve que c'est une bonne chose que le Ministre ait réagit, cela signifie que le sujet est préoccupant. Des réactions de journalistes et blogueurs camerounais ont d'ailleurs enrichi le débat.

Je m'intéresserai particulièrement à un billet publié sur son blog par quelqu'un que j'apprécie, Edouard Tamba. Ancien journaliste, et s'exprimant sur Internet, comme il le précise lui-même, sa position, que vous pouvez retrouver ici, quoique juste, mérite d'être critiquée à certains égards.

Il convient tout d'abord de préciser certains éléments. Contrairement a ce qui a pu être rapporté, il ne s'agit pas d'une plainte de ISF/PEN/CPJ contre le Cameroun, le Conseil des droits de l'homme n'étant pas une juridiction ; mais plutôt d'un rapport d'observations de manquements à des engagements internationaux du Cameroun en matière de droits de l'homme, remis dans le cadre de l'examen périodique universel. Une procédure spécifique au Conseil des droits de l'Homme pendant laquelle chaque État membre de l'ONU a la possibilité de s'expliquer sur la situation des droits de l'homme sur son territoire.  

Sur la question de la liberté de la presse au Cameroun

Le rapport dont il est question relève que la législation camerounaise est détournée et utilisée pour entraver le travail des journalistes camerounais. Les organisations s'appuient notamment sur le cas de Germain Cyrille Ngota Ngota, dit Bibi Ngota, ancien directeur de publication de l'hebdomadaire Cameroun Express décédé en prison le 22 avril 2010. Le rapport n'est d'ailleurs pas le premier à dénoncer cette interprétation abusive faites par les autorités camerounaises, et leur technique qui consiste à transformer des délits de presse en "simples" délits de droit commun : la Fédération des Journalistes Africains (FJA), dans un rapport de 2010, relevait déjà que ces quatre dernières années, au moins 14 journalistes reconnus ont fait l'objet de ce harcèlement pénal. Lors de sa conférence de presse du 19 octobre 2012, le Ministre de la communication a réaffirmé que les délits de presse ne sont pas passibles de peine privatives de liberté ; toutefois, il distingue les infractions de droit commun pour lesquelles il reconnait que des journalistes peuvent être emprisonnés, confirmant ainsi le discours dénoncé par Internet Sans Frontières, Pen, CPJ et la FJA.

 Cette rhétorique semble fonctionner, puisque c'est avec surprise que j'ai réalisé que le cas de Bibi Ngota, comme celui d'Enoh Meyomesse, actuellement en détention provisoire depuis 11 mois, ou encore Lapiro de Mbanga, emprisonné lui aussi en 2008, ne trouvent grâce aux yeux de certains commentateurs.

 L'affaire Bibi Ngota commence le 10 mars 2010 lorsque ce dernier et deux de ses confrères sont arrêtés par la Direction Générale des Renseignements Extérieurs, le service de renseignement camerounais, au motif qu'ils auraient produit de faux documents mettant en cause le Secrétaire Général de la présidence de l'époque, Laurent Esso, dans une affaire de rétro commissions. Il a été placé dans une des ailes de la prison centrale de Yaoundé, Kondengui, appelée Kosovo, nom inspiré par les conditions de détention qui y sont particulièrement déplorables. Le journaliste et ses confrères ont toujours nié être les auteurs du faux, et ont expliqué que le document devait leur servir pour une interview sollicitée auprès du Secrétaire Général dans le cadre de l'investigation qu'ils disaient mener. Un mois après son arrestation, le journaliste trouvait la mort en cellule. Que s'est-il passé ? Selon le gouvernement camerounais, Bibi Ngota aurait succombé en quelques jours à une infection opportuniste liée au virus du SIDA, bien que la famille nie la réalité de cet état de santé. Pourquoi a-t-il été emprisonné malgré un état de santé déjà préoccupant ? Pourquoi est-ce la DGRE qui a été chargée d'abord d'enquêter sur ces délits de droit commun que sont le faux et l'usage de faux ? Malgré la mobilisation des journalistes camerounais et de la famille de l'ancien directeur de publication, aucune enquête indépendante n'a été menée pour déterminer les causes exactes de sa mort, et faire la lumière sur les accusations de torture faites par ses proches.

Bibi Ngota est-il mort pour son travail de journaliste ? A défaut d'enquête nous ne pourrons répondre avec certitude. Les autres cas cités dans le rapport ISF/PEN/CPJ méritent-ils de passer par la case prison ? Je ne pense pas, car je crois en la présomption d'innocence, et considère que rien ne justifie qu'un citoyen soit placé en détention provisoire, c'est à dire sans jugement, pendant une durée bien trop longue et dans des geôles dont on connait l'état de déliquescence.

Au contraire, je vois dans ces différents cas des exemples de cette loi, interprétée, détournée par le gouvernement camerounais pour empêcher des investigations qui le gêneraient. Oui effectivement, on peut citer l'existence de plus de 500 publications au Cameroun. Mais pluralisme ne veut pas dire indépendance et encore moins liberté de la presse. Bien au contraire, pour poursuivre la réflexion entamée par mon ami Florian Ngimbis sur son blog, une presse qui aboie tous les jours sur l'homosexualité de l'homme d'état Camerounais est beaucoup moins dangereuse que celle qui s'intéresse de trop prêt à la mauvaise gestion de notre pays.

En définitive, c'est le lecteur et citoyen camerounais qui est pris en otage : rappelons nous le rôle véritable de la presse, vous savez ce quatrième pouvoir sensé permettre au citoyen de garder un œil sur les actions et le bilan de ceux qu'il a élu. Les journalistes camerounais n'ont aujourd'hui pas les moyens, aussi bien financiers que juridiques, de fonctionner librement, pas les moyens d'enquêter, comme le relève parfaitement Edouard Tamba. Alors que font-ils? C'est moins compliqué et ça coûte moins cher d'enquêter sur la prétendue homosexualité d'un ministre que d'enquêter sur le dysfonctionnement de nos institutions.

Bien sûr il faut réprimer les abus d'une certaine presse, mais autrement que par l'utilisation abusive du système carcéral, au risque d'avoir d'autres Bibi Ngota. L'arsenal juridique camerounais peut prévoir les peines adéquates pour ce type d'infractions : pourquoi pas des amendes, ou encore l'insertion d'un communiqué de presse relatif à la condamnation de la publication litigieuse. La protection des sources journalistiques doit aussi être une priorité.

Loin d'être contre le Cameroun, ce rapport permet ce débat qui anime toutes les démocraties aujourd'hui, même les plus "exemplaires". A l'approche des États Généraux de la Communication, prévus du 5 au 7 décembre 2012, s'interroger sur les faiblesses de la presse camerounaise, sur le statut du journaliste camerounais ne peut que participer à l'émergence de cette presse indépendante, et donc performante, grâce à laquelle le gouvernement ne serait plus à la merci des dépêches de telle ou telle autre agence internationale. Une presse capable de produire à l'attention des citoyens camerounais une information de qualité. Pourquoi pas un jour un Al Jazeera Camerounais ?  

Sur la liberté d'expression et d'accès à Internet

Après avoir rappelé les engagements internationaux du Cameroun en la matière, et la législation nationale, le rapport pointe le taux de pénétration ridiculement bas d'Internet au Cameroun (4% selon l'UIT). Ridicule parce que ce n'est pas le défaut d'infrastructures qui explique ce chiffre, mais un défaut de gouvernance... je n'ose pas dire mauvaise gouvernance.

Comment expliquer que le Gabon, pays voisin du Cameroun, facture aux Fournisseurs d'Accès à Internet (FAI) 295 USD 1264 Kpbs de bande passante, quand au Cameroun ceux-ci doivent payer 2363 USD ; alors que la connectivité de ces deux pays est assurée par le même cable sous marin, le SAT3 ? Selon le rapport, cet état de fait est du en grande partie au manque de libéralisation du marché des télécommunications camerounais, et la position dominante de la compagnie nationale, qui détient et abuse du le monopole de la gestion de l'accès des FAI à la bande passante. Ajoutons à cela des autorités de régulation dont l'indépendance est discutable, et l'on obtient un coût d'accès à Internet exorbitant pour le consommateur camerounais. Pourtant, le Cameroun proclame le droit à un accès universel dans sa loi nº2010/013 (article 4 et 27 ensembles).

Ces barrières tarifaires, ce manque de gouvernance, combinés à une loi sur la cyber sécurité et la cyber criminalité ne favorisent pas une participation plus importante des camerounais sur Internet.

Mes réflexes de juriste m'ont poussée à rechercher un commentaire de la loi nº2010/012 sur la cybercriminalité. Faute d'en avoir trouvé, je m'y suis attelée, et j'ai été quelque peu gênée de constater que le parlement camerounais semble partir du principe que tout internaute camerounais est un cybercriminel en devenir. En effet les FAI et les fournisseurs de contenu sont tenus par cette loi de conserver les données de leurs utilisateurs pendant 10 ans, et les représentants de la force publique peuvent y avoir accès sur simple demande, sans que des circonstances de temps et de lieu ne soient précisées, et sans que l'intervention de l'autorité judiciaire, gardienne des libertés individuelles, ne soit requise. On ne sait pas de quelle données il s'agit. Ne parlons pas du droit à l'oubli qui ne semble pas avoir préoccupé plus que cela nos parlementaires : ce que j'ai écrit ou fait sur la toile il y a 10 ans ne correspond pas forcément à mes intérêts actuels.

C'est parce que des restrictions aux libertés individuelles sont en jeux que la loi doit être strictement définie, et doit prévoir la mise en œuvre de moyens juridiques proportionnels au but et à l'infraction poursuivie. C'est justement ce que le rapport reproche à cette loi : parce qu'elle est disproportionnée et insuffisamment précise, elle porte en elle un caractère liberticide. S'il est vrai qu'elle n'a pas encore trouvé à s'appliquer, il demeure que nous ne savons pas qui demain dirigera le Cameroun, notre cher et beau pays pourrait tomber entre les mains d'un individu ou d'un pouvoir peu scrupuleux.

 Loin d'être un outil dont on devrait avoir peur, Internet est aujourd'hui reconnu comme outil de développement social et économique. Une étude [en], dont je parlais déjà dans ce billet, a démontré qu'en Inde, 10% d'accroissement du nombre d'internautes correspondent à 1,08% de croissance supplémentaire du PIB. A bon entendeur...

dimanche 20 mai 2012

Bonne fête de la réunification !

Le 20 mai 1972, la République Fédérale du Cameroun devient, à la suite d'un référendum, la République Unie du Cameroun. La partie anglophone et francophone du pays se sont ainsi vues réunifiées dans un seul et même État unitaire. 

En ces temps où certains expriment des velléités sécessionnistes, je conseille vivement la lecture de ce billet de la blogueuse camerounaise Jasemene Emene Mpacko : elle nous rappelle avec justesse que malgré les difficultés que peuvent parfois éprouver 200 "ethnies" à vivre ensemble,
Le camerounais est UNE FORCE qui s’ignore, un potentiel négligé, des divisions futiles qu’il cultive, un esprit libre, une ame de guerrier, un coeur d’or.
Bonne fête à toutes mes soeurs et tous mes frères de la "Little Africa" :-) !

lundi 9 avril 2012

La micro-influence digitale des jeunes africains

Selon différentes estimations de la Banque Mondiale, plus d'un quart du PIB du Cameroun proviendrait de l'activité économique de sa diaspora.

Cette influence ne se limite pas simplement aux transferts des fonds : La conférence au cours de laquelle j'interviendrai le Samedi 14 Avril 2012 portera sur les pistes de réflexion autour des voies que peuvent emprunter les jeunes de la diaspora pour influencer aussi le développement de leurs pays. Elle jouit en effet aujourd'hui d'un contexte plutôt favorable.

Un continent jeune

L'âge médian au Cameroun est de 19 ans, autrement dit, 1 camerounais sur 2 a moins de 19 ans. Ramené à l'ensemble du continent, la statistique tombe à 17 ans. Ce chiffre nous renseigne sur l’extrême jeunesse démographique de l'Afrique. Mais il suggère également la nécessité pour les jeunes de la diaspora de créer un lien direct avec cette jeunesse pleine de ressources qui vit sur le continent. Cette idée trouve un écho dans la place prépondérante que prend Internet dans l'économie et le développement des nations. Une étude vient de démontrer qu'en Inde, 10% d'accroissement du nombre d'internautes correspond à 1,08% de croissance supplémentaire du PIB.

Une révolution numérique en marche

Quelle est la place et le rôle de cette jeunesse dans ce monde où la circulation des personnes, des biens et des idées donne de l'espoir aux uns, et inquiète les autres?


Je m’intéresserai particulièrement à la circulation des idées et de l'information car une révolution en la matière est en marche sur le continent africain. À l'image de cette vidéo sur la circulation des personnes, qui décrit 24 heures d'activité de l'aviation civile dans le monde, l'Afrique Sub-saharienne entre dans le concert numérique mondial. Le contient est l'endroit du monde où le taux de croissance du taux de pénétration d'Internet a été le plus fort entre 2005 et 2010, avec 34% selon les estimations de l'Union Internationale des Communications. Les photos suivantes attestent de ce dynamisme naissant: elles représentent le volume des recherches effectuées sur le moteur Google en fonction de la langue.

Google Globe Experiment - le volume des recherches par langue dans le monde http://workshop.chromeexperiments.com/globe-search
On voit distinctement les grands faisceaux lumineux verts clair aux endroits géographiques correspondant à l'Île-de-France et la grande banlieue de Londres en bleu ciel. Plus loin à gauche de l'autre côté de l'Atlantique, on distingue la côte Est américaine. La croissance démographique conjuguée à celle du taux de pénétration indique que d'ici 2 à 3 ans la carte ci-après sera sensiblement différente.
Google Globe Experiment - le volume des recherches par langue dans la bande Nilo-Sahélienne et le Golfe de Guinée http://workshop.chromeexperiments.com/globe-search

Mon propos lors de la conférence organisée par l'Association Versatile sera de mettre l'accent sur les enjeux liés à la présence et à la participation digitale de la jeune diaspora camerounaise, et la nécessité d'approfondir les liens avec leurs pairs et amis qui vivent au Cameroun et dont les objectifs et réalités ne sont plus si éloignées à l'heure de l'hyper dématérialisation des échanges.

Je vous invite à venir nombreux prendre part à la discussion.


mercredi 14 mars 2012

Feowl: data journalism for better electricity supply in Douala

Two months ago my boyfriend desperately tried to make a call to Douala, Cameroon. He was panicked because he had an appointment with his cousin on Skype and couldn't reach him. I told him there was probably a power cut, and advised him to wait. He replied that he was worried. The lack of electricity had just killed 6 people in a bar where his cousin works in the popular area of Bepanda. What happened : electricity was cut, and the owner of the bar turned on his generator. A few minutes later, power was back, and this caused the high voltage that created the fatal fire.

I thought: "This fire could have been avoided if the owner of the bar had known there would be a power cut, and the time when electricity would be back." Fortunately, my boyfriend's cousin wasn't working that night. An ordinary story.

Power cuts are a scourge in Cameroon, like in many other African countries. It goes to the point that only 20 % of the population have access to electricity, according to estimations by local civil society organizations, while the country has the 2nd hydroelectric potential of the continent.

This clearly has consequences on the economic vitality of the country and the social development of the people.

That's where our project comes in. 

What can be measured can be changed


Feowl is a platform that aims to provide data on the issue of electricity supply in Douala, Cameroon's economic capital : it will federate and give voice to those who are deprived of an essential service, and bring to the company in charge of electricity supply data related to real users' needs.

But to be implemented, Feowl needs your support. The project is now competing at the Knight News Challenge. Here is what you can do to show Feowl some love :-)


Click on this link, you will find a more detailed presentation of the project. If you have a Tumblr Account, you will just have to click on the heart icon:


If you don't, you will have to scroll down until you find this:




Just click on the Like button.
In any case, you can still have a look at the beautiful infographics designed by ppfffff-design. Thanks for your support.



vendredi 2 mars 2012

Why Cameroon Urgently Needs Open data

Recently I had to write an article, and needed to find a very specific piece of information: the budget dedicated in 2011 by the Cameroonian Government to anti-poaching policies. I thought it would take me 10 to 15 minutes maximum to find it on the web. I finally did, by pure chance, after three hours and a half of unsuccessful efforts. This is precisely one of those moments when I ask myself "When will the government of my country be touched by the holy spirit of open data?"


Wordle 4 Transparency Camp 2010 - From http://digiphile.wordpress.com

What is open data?

According to the Wikipedia definition, open data is a concept based on " the idea that certain data should be freely available to everyone to use and republish as they wish, without restrictions from copyright, patents or other mechanisms of control." It is declined in various fields, but let's focus on governance. I strongly believe that every decision made, every action taken in the name of the people of a country should be freely and publicly available to that people. Data are the only tangible elements that the people has to judge, evaluate its satisfaction of the social contract signed with the government it elected to run the country for a defined period, i.e. hold its rulers accountable for their policies. The only limit to this assumption is national security, which should be strictly interpretated, in my opinion. When talking about open data in governance, one can directly relate it to the notion of transparency, which I believe is the key to political and economic development (fr) on the African continent.

The example of Intra African Trade

Dr Bitange Ndemo, the Permanent Secretary of the Ministry of Information and Communications in Kenya, makes in the following video the link between governance, open data and transparency. According to him, the continent could make 400 billion USD per year if it developped intra-trade. But such thing is not possible for the moment, because of a lack of public data in most African countries. Taking the example of maize, he explains:

"We need Africa to put their data out, so that we can eliminate the many middlemen that we have, [who] make the cost of maize impossible, and the trading within Africa impossible."

"There is no continent that needs Opendata more than Africa"




I completely share that vision. And this does not only apply to trade. In a world of transparency, Cameroonian citizens for example have the right to know the exact amount of revenues generated thanks to oil exploitation, or the exact budget invested by the Government to renovation of public hospitals (if such budget even exists), etc. So many questions we could answer thanks to data, thus so many problems we could solve.

Yes. But let's not put the cart before the horse: the concept of transparency needs real democracy to blossom. Whether Cameroon is a real democracy or not, that is another debate...



mercredi 9 novembre 2011

Interview pour le magazine "The Epoch Times": L'émergence d'une nouvelle classe politique malgré la victoire de Paul Biya

Interviewée pour le journal international { The Epoch Times } sur les élections au Cameroun, j'explique que « l' élection de 2011 est considérée par les camerounais comme un tournant à partir duquel le Cameroun pourra construire une meilleure opposition et une société civile plus efficace, et à partir duquel plus de citoyens s'engageront à apporter une alternative au régime de Biya. » Je parle aussi du rôle accru joué par les réseaux sociaux utilisés par de plus en de camerounais sur place ou par ceux de la diaspora.

Retrouvez l'article publié sur le site du magazine ici.

vendredi 14 octobre 2011

Cameroon: Diaspora Fail to Participate in Elections

Post originally Published on the Global Voices Online Special Coverage Page on Cameroon Election 2011. Also available in French.

Seven million Cameroonian voters were called to elect their next president on October 9, 2011. However, the question of the abstention seems to be the great winner of this ballot, in particular that of Cameroonians living abroad.

This year's election was significant for the reason that since August 8, 2011, [fr] Cameroonian citizens in the diaspora were allowed to vote for the first time.
Cameroonian Voters in Dakar.
Photo G. Esunge Fominyen on www.gefominyen.com (CC).
The Cameroonian population living abroad is estimated at between 2.5 million [fr] and 4 million people [fr]. According to an article published on allafrica.com [fr], this number varies because of administrative reasons:
Dans une récente interview, le Minitre des relations extérieures, Henri Eyebe Ayissi, expliquait que « d'une part, la carte consulaire du Cameroun ne couvre pas tous les pays d'émigration. D'autre part, même dans les pays pourvus de postes consulaires, la situation est très contrastée. D'une manière générale, nos compatriotes de la diaspora ne se font pas systématiquement enregistrer auprès des services consulaires. Outre une certaine indifférence, l'explication réside, soit dans l'ignorance de cette formalité, soit dans le fait que ceux qui se trouvent en situation irrégulière hésitent à sortir de l'anonymat.»
In a recent interview, the Minister of External Relations, Henri Eyebe Ayissi, explained that "on the one hand, the Cameroonian consulary card does not cover all countries of emigration. On the other hand, even in countries provided with consulates, the situation is very contrasted. Generally, our fellow citizens from the diaspora don't systematically register themselves with consulate services. In addition to a certain indifference, the explanation resides in the ignorance of such a  formality, or in the fact that those who live abroad in an irregular situations hesitate over renouncing their anonymity."

The decision to allow Cameroonians from the Diaspora to vote might be related to economic reasons. According to a 2011 World Bank report, Diaspora For Development in Africa, the potential savings of Cameroonian migrants within Cameroon is equivalent to 3.8 % of the GDP. Moreover, bank and other informal money transfers are estimated between 9 and 24 % of the GDP.
A financial manna perceived by every Cameroonians. Hotmongo ironically commented on this subject on Twitter :
La participation de la diaspora a l'économie c'est western union. LOL
The participation of the diaspora in the economy is Western Union. LOL

According to the Cameroonian Electoral Commission (ELECAM), 25,578 Cameroonians abroad registered on the voter list. At the time of the adoption of the voting decree, website Bonaberi.com [fr] published an article in which the author already doubted ELECAM's ability to register the estimated 2.5 million voters abroad :
Une opération dont on doute de sa réalisabilité, à deux mois de la date de l’élection présidentielle.
One can doubt of the feasibility of the operation, two months from the presidential election.

In fact, the presidential decree was signed on August, 8, 2011, and the deadline for voter registration was on August 31, 2011. Short delays added to a call from diaspora to boycott the election might have led to this result.

The CODE (an association gathering democratic and patriotic organisations of the Cameroonian diaspora - Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise) led the boycott movement. On its blog [fr], the organisation explains:
- [Nous] Réaffirmons notre farouche opposition à la mascarade électorale qui se déroule
actuellement au Cameroun et en diaspora ;
- Dénonçons par conséquent la poursuite d’un processus électoral mafieux, totalement
illégitime, et qui n’a pour but que de maintenir Paul Biya au pouvoir pour le grand
malheur du peuple camerounais.
- [We] reaffirm our staunch opposition to the electoral masquerade which is currently going on in Cameroon and in the diaspora;
- We therefore denounce the mafia electoral process as totally illigetimate, which only aims at maitaining Paul Biya in power for the great misfortune of the Cameroonian people.

In the following video posted on YouTube by Seumoprisma on October 8, members of the CODE in Belgium demonstrate to reminded Cameroonians in the diaspora that they must not vote on October 9 and instead call for Paul Biya to step down:

[embed]http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=kt6I5Zp_2zQ[/embed]

According to an article by the daily newspaper Le Jour, published on 237online [fr], among the 40,000 Cameroonians counted in France, only 900 went to vote. Paul Biya, the outgoing president, got 64.97% of the popular vote.

Ebot Tabi comments on Twitter:
If you look at the number registered and compared to the number of voters, you see that only the Biya people did vote